Agent Paranagua – Le Monde

La fiction dépasse la réalité (?)

CLASSIFIED / PARANAGUA / LE MONDE – 27.02.2015 / MISSION ACCOMPLIE

PARIS TO WASHDC / LANGLEY / CARACAS / BOGOTA
15PARIS#76
2015-02-27
AGENT.P.PARANAGUA
CLASSIFIED
AM.EMBASSY.PARIS
VZCZCXRTO4173
CASE OFFICER #0286 0772307 [CIA]
LOCAL 789 / WASHDC 8413
PARIS 000298  
E.O. 12958: N/A   
TAGS: POLIT LATINAM PROPAG VZLA MEDIA CAMPAIGN LE MONDE PARANAGUA 

SUBJECT: MISSION ORDER #0197 COMPLETED PABLO PARANAGUA 
- - - - - - -
1. MISSION ACCOMPLIE.

2. L’AGENT PARANAGUA A ACCOMPLI SA MISSION [VSLEMOINE1178].

3. L'ARTICLE COMMANDé LE 30/02/14 A ETE PUBLIé HIER(26/02/2015).

4. VOIR "AU VENEZUELA LA STRATEGIE DE LA TENSION DU PRESIDENT MADURO" 
http://abonnes.lemonde.fr/ameriques/article/2015/02/26/au-venezuela-la
-strategie-de-la-tension-du-president-maduro_4583565_3222.html#mXtMjl
BRXSMFD8HR.99

5.L'EMPLOI DES ELEMENTS DE LANGAGES DE LA FICHE [CC078] A ETE 
RESPECTé (ET AMELIORé).

6. RAPPEL: LIRE RAPPORT [14PARIS#136] CONTRE-ATTAQUE ARTICLE 
JOURNALISTE MAURICE LEMOINE (MONDE DIPLOMATIQUE).

CASE OFFICER #0286 0772307 [CIA]

Au Venezuela, la stratégie de la tension du président Maduro

LE MONDE | 26.02.2015 à 10h47 • Par Paulo A. Paranagua

Les funérailles de Kluiver Roa, à San Cristobal le 25 février, un jeune homme tué la veille lors d'une manifestation antigouvernementale.

L’arrestation musclée du maire de Caracas, Antonio Ledezma, le 19 février, est la pointe visible d’une escalade répressive au Venezuela. Il a rejoint dans la sinistre prison militaire de Ramo Verde une autre figure de l’opposition, Leopoldo Lopez, incarcéré depuis un an. Outre les élus déjà emprisonnés, la moitié des maires de l’opposition font l’objet de procès. Après la destitution sommaire de Maria Corina Machado, en mars 2014, d’autres députés sont dans le collimateur du capitaine Diosdado Cabello, président de l’Assemblée nationale. Selon l’organisation non gouvernementale Forum pénal vénézuélien, on enregistre trois détentions d’opposants par jour, en moyenne, depuis le début de l’année.

Depuis la disparition du lieutenant-colonel Hugo Chavez (1999-2013), l’ancien président, le poids des officiers de la réserve ou d’active impliqués dans les putschs chavistes de 1992 n’a cessé d’augmenter dans le gouvernement et dans les entreprises publiques, au détriment des civils, comme Rafael Ramirez, ex-patron de l’industrie pétrolière. Les militaires ne sont plus présents dans les rues uniquement les jours d’élections, mais en permanence. Par exemple, pour éviter les expressions de mécontentement dans les queues devant les supermarchés aux étals dégarnis.

« L’ennemi de l’intérieur »

En janvier, les forces armées ont été autorisées, par décret, à tirer sur des manifestants dans la rue. En 2014, la vague de protestations avait provoqué 43 morts. Le renseignement militaire a été reformé pour en faire un corps de « commissaires politiques » censé veiller sur l’allégeance au chavisme à tous les niveaux, mais aussi une arme contre les opposants civils, selon l’ONG Contrôle citoyen. Le Venezuela a remis en vigueur la vieille « doctrine de sécurité nationale » des dictatures militaires et de la guerre froide, tournée contre « l’ennemi de l’intérieur ».

La crainte d’une explosion sociale tétanise le gouvernement. Ainsi, l’augmentation du prix de l’essence (quasi gratuite), plusieurs fois annoncée, est sans cesse reportée, par peur des réactions. L’immobilisme en matière économique, alors qu’il y a le feu à la maison, contraste avec la fébrilité de la propagande, dénonçant des putschs et des attentats à répétition, comme si elle désignait des boucs émissaires. Pourtant, aucune diversion n’est de nature à distraire les Vénézuéliens de leurs soucis quotidiens : pénuries de denrées de première nécessité et de médicaments, envolée des prix (68,5 % d’inflation), insécurité mortifère.

Transition pacifique

Le raidissement de la machine répressive a une visée préventive, à double détente : contre l’éventuelle contestation de la rue et contre la victoire annoncée de l’opposition aux élections législatives prévues à la fin 2015. Selon l’institut Datanalisis, le plus cité par le gouvernement lui-même, les chavistes sont tombés à 17,3 % des intentions de vote, contre 45,9 % pour les opposants.

Le dirigeant d’Action démocratique (AD) ­ – le parti social-démocrate –, Henry Ramos Allup, a rappelé l’évidence : « Les coups d’Etat sont faits par ceux qui disposent des armes, des balles, des bataillons, c’est-à-dire les forces armées, entièrement contrôlées par l’actuel gouvernement ; nous, les civils, nous ne faisons pas de coups d’Etat. »

« l’Etat de droit n’existe plus au Venezuela depuis un bon bout de temps, car ce gouvernement viole systématiquement la Constitution et la séparation des pouvoirs », a ajouté l’opposant social-démocrate. D’où la légitimité d’envisager une « transition », pour restaurer les institutions et remettre sur les rails une économie ruinée par la gabegie et la corruption.

La possibilité d’une transition se présente justement avec les législatives. Une nouvelle majorité d’opposition devrait composer et négocier avec les autres pouvoirs, étroitement contrôlés par les chavistes. Une telle cohabitation déboucherait sur une présidentielle anticipée en 2016, après une démission du président Nicolas Maduro ou le référendum révocatoire prévu à mi-mandat par la Constitution. Cette transition pacifique présuppose le rétablissement d’un dialogue entre le gouvernement Maduro et les opposants, avec la médiation des diplomaties du Vatican et d’Amérique du Sud. Les pourparlers lancés en avril 2014 n’avaient pas fait long feu faute de résultats.

Un putsch pour en finir ?

Toutefois, la stratégie de la tension permanente choisie par Nicolas Maduro et son âme damnée Diosdado Cabello ne préjuge pas d’une issue optimiste de la crise vénézuélienne. Aux législatives de 2010, l’opposition s’était retrouvée minoritaire à l’Assemblée, malgré un nombre de voix supérieur. Le « pouvoir électoral » (érigé en quatrième pouvoir de la République), entièrement soumis au chavisme, pourrait procéder à un nouveau redécoupage des circonscriptions ou à une modification des règles du jeu. Une suspension du scrutin n’est pas à exclure. Jesus Torrealba, porte-parole de la Table d’unité démocratique (MUD), la coalition électorale de l’opposition, estime que « le secteur le plus irresponsable et criminel du pouvoir mise sur un putsch, pour en finir avec ses adversaires ».

L’attitude des principales chancelleries latino-américaines est un second motif d’inquiétude. « Le silence et l’impuissance des autres Sud-Américains deviennent pathétiques », déplore le Brésilien Alfredo Valladao, professeur à Sciences Po Paris. A croire que les uns et les autres attendent que le Venezuela soit ajouté au nouvel agenda bilatéral des Etats-Unis et de Cuba. Après tout, deux jours avant l’arrestation du maire de Caracas, le président Maduro avait cru bon de se déplacer à La Havane, pour un tête-à-tête avec son principal allié.

 Paulo A. ParanaguaJournaliste au Monde

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Cette entrée a été publiée le 27 février 2015 par .
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